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Abbaye de Westminster

INCONNU… mais dont des millions de personnes se souviennent

Comme ce numéro couvrira Novembre, période annuelle de souvenirs, nous avons pensé qu’il serait approprié de raconter brièvement l’histoire du « Soldat Inconnu », qui a été au centre des commémorations depuis qu’il a été enterré le 11 Novembre 1920 à l’abbaye de Westminster.

L’idée qui devait finalement se répandre dans le monde entier, vient du Révérend David Railton, qui par hasard repéra une tombe à l’arrière d’un jardin à Armentières, indiquée par une croix en bois brut sur laquelle était inscrit au crayon « An Unknown British Soldier ».

Quatre ans plus tard dans une lettre adressée au Doyen de Westminster, le Révérend Railton suggéra l’idée d’une tombe d’un soldat inconnu qui donnerait du réconfort aux milliers de personnes qui avaient de bonnes raisons de faire le deuil de leurs disparus.

L’idée avait aussi été suggérée à un certain moment par le Daily Express, ainsi avec ce soutien supplémentaire et une présentation au gouvernement, l’idée devint réalité.

Mais qui choisir ? Pour éviter toute polémique, la tâche de trouver les restes fut confiée au Révérend George Kendall, un aumônier militaire, qui exhuma un certain nombre de dépouilles de militaires des champs de bataille de l’Aisne, de la Somme, d’Arras et d’Ypres.

Le 7 Novembre 1920, celles-ci furent emmenées à Saint Paul où dans la chapelle le Général de brigade Wyatt, Officier Responsable des Troupes dans les Flandres et en France, salua l’une d’entre elle pour son rôle historique.

La polémique a continué sur l’anonymat de l’homme mais le Révérend Kendall, qui a en permanence et toute sa vie été harcelé par la presse, comme le dit sa famille « emmena le secret avec lui dans la tombe ».

 

Le retour des combattants au pays, couchés dans deux cercueils, se fit à bord du destroyer HMS Verdun.

L’extérieur fabriqué avec du chêne anglais provenant de Hampton Court, avec fixée sur le dessus, une épée du XVIème siècle donnée par le Roi George V et provenant de sa collection personnelle.

Le 11 novembre 1920 vit le cortège défiler dans Londres vers le cénotaphe pour le dévoilement du mémorial, puis à 11h00 après les deux minutes de silence désormais emblématiques, le cortège continua vers l’abbaye de Westminster pour la mise en terre, passant devant une Garde d’Honneur digne d’éloge de 100 détenteurs de la Victoria Cross.

La tombe fut finalement remplie avec un mélange des terres provenant des différents champs de bataille, tandis que la dalle de marbre noir que l’on voit de nos jours provient de Belgique.

Il y eut une propagation de l’idée de telle sorte que Londres et Paris virent la mise en terre simultanée de leur Soldat Inconnu.

D’autres mémoriaux similaires virent rapidement le jour dans le monde.

Le sentiment national était tel que la première semaine plus de 1 250 000 pèlerins vinrent à l’abbaye de Westminster pour rendre hommage, comme les gens continuent à le faire de nos jours.

(souce : article paru dans le bulletin de la SOFRAM, traduction Patrice Marin-Dubuard)