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Verdun, symbole de la résistance acharnée de l’Armée française qui défend pied à pied ses positions

de février à décembre 1916.

 

Le 21 février 2016 marque le centenaire du début de la bataille de Verdun, dans l’est de la France. Lancée par l’armée allemande et remportée par les Français, elle durera dix mois et fera plus de 300 000 morts. Retour sur une bataille devenue le symbole de la Première Guerre mondiale.

Verdun, 21 février 1916. Le jour se lève à peine lorsqu’un déluge de feu s’abat sur les lignes de l’armée française. Pendant près de neuf heures, les canons allemands crachent plus d’un million d’obus, pilonnant fortifications, tranchées et voies d’accès. Un carnage. Le rapport de force est trop déséquilibré : trois soldats allemands pour un français. Les 30 000 « poilus » stationnés là sont assommés, incapables de répliquer. A la tombée de la nuit, l’infanterie allemande prend la relève de l’artillerie et passe à l’attaque, lance-flammes en ête pour achever ce que l’acier a dévasté. Ainsi commence la plus célèbre bataille de la Première Guerre mondiale.

Le général en chef Joseph Joffre n’attendait pas l’ennemi ici. Ces derniers mois, des commandants locaux ont pourtant tenté d’alerter leurs supérieurs sur l’impréparation défensive de la Région fortifiée de Verdun. Les forts y sont nombreux, certes, mais ils ont été désarmés et quasi abandonnés afin de réorganiser le front français en profondeur. Ce n’est qu’en janvier 1916 que le chef d’état-major général Edouard de Castelnau, constatant sur place l’état des défenses, va tenter de les combler à la hâte.

Les soldats français résistent mais reculent. Au bout de trois jours, la bataille semble pliée. Le 25 février, les Allemands s’emparent du fort de Douaumont qui domine la zone. Le même jour, le général Philippe Pétain est nommé commandant en chef de Verdun en remplacement du général Frédéric-Georges Herr. Il remet aussitôt la défense d’aplomb.

Désormais, les soldats français vont rendre coup pour coup. Les forts sont réarmés, une aviation de chasse est créée et la logistique mise en branle sur la « voie sacrée », une longue route de terre qui relie Bar-le-Duc à Verdun. Pendant les dix mois que durera la bataille, c’est cette même route qui permettra de relever régulièrement les troupes au front dans un ballet incessant de camions. Car Pétain est soucieux du moral de ses hommes. Il fait tourner les effectifs pour les garder dans les meilleures dispositions possible. Deux tiers de l’armée française vont ainsi connaître « l’enfer de Verdun ». Les combats se muent en une bataille d’usure. Joffre, partisan de l’offensive, ne comprend pas la stratégie défensive de Pétain. Le 1er mai, il le remplace par le général Robert Nivelle. Le 24, les Allemands passent à l’attaque contre le fort de Vaux, placé sous les ordres du commandant Sylvain Raynal, en le noyant sous plus de 20 000 obus. Le 2 juin, les soldats montent à l’assaut. Les combats à l’intérieur de l’édifice sont acharnés, la résistance héroïque. Cinq jours plus tard, lorsque le fort tombe, les 250 survivants français reçoivent les honneurs des vainqueurs allemands.

Le 1er juillet, à quelque 300 kilomètres de là, dans la Somme, Français et Britanniques lancent une vaste offensive. Coïncidant avec celle des Russes sur le front oriental, elle contraint l’armée allemande à relâcher sa pression sur Verdun. Après cinq mois de vaine bataille et une ultime attaque le 11 juillet qui se solde par un échec, le Grand Quartier général allemand ordonne à la Ve armée du Kronprinz de ne plus se limiter qu’à une stricte position défensive. La stratégie du commandant en chef Erich von Falkenhayn a échoué. Les objectifs visés n’ont pas été remportés et les troupes françaises n’ont pas été décimées. Falkenhayn est relevé de son commandement. Il cède sa place à un duo : Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff. L’été passe. Les deux camps s’en tiennent désormais à un simple face à face. Les combats ne servent plus qu’à maintenir les positions. Jusqu’à la grande offensive française du 24 octobre.

Trois jours durant, les canons ont préparé le terrain, martelant les rangs allemands. Le jour J, en fin de matinée, huit divisions s’élancent sous les ordres du général Charles Mangin. Parmi eux se trouvent nombre de tirailleurs, ces soldats venus des colonies et qui forment la fameuse « force noire » imaginée par ce même Mangin. L’attaque permet la reconquête des forts gagnés par les Allemands, celui de Douaumont et, début novembre, celui de Vaux.

19 décembre 1916. Une dernière poussée française entamée quatre jours plus tôt renvoie les Allemands là où ils se trouvaient avant le 21 février. Une bataille pour rien. Entre ces deux dates, Verdun aura fait plus de 300 000 morts et disparus.

 

La presque totalité des unités françaises seront jetées dans la bataille.

A titre d'exemple :

Le 90e Régiment d'Infanterie stationné à Chateauroux au moment de la mobilisation en 1914 :
(
17e D.I. ; 33e Brigade)

21 avril

Il monte en ligne dans le secteur du Mort-Homme avec les 68e et 290e R.I.
Il relève les 153e, 156e et 160e R.I.

Un bataillon. se place au ruisseau de Béthincourt (en liaison avec le Mort-Homme).
Il est pratiquement décimé par le barrage allemand sans avoir encore vu l'ennemi.

3 mai

Un bataillon s'est mis en ligne sur les pentes nord-est de la cote 304. Il tient cette position avec 2 bataillons du 68e R.I.

Toute la journée, le bombardement allemand est très violent.

4 mai

Dès l'aube, le bombardement allemand. s'intensifie et dépasse celui de la veille.

A 16 h 30, une attaque allemande se déclenche mais les Français ne peuvent la contenir. le bataillon est contraint à se replier. L'ennemi envahit les pentes nord de la cote 304 à plusieurs endroits, les hommes n'ayant pas put suivre le repli sont complètement isolés et faits prisonniers.

Du 5 au 7 mai A.N.D.
8 mai Les survivants sont relevés avec ceux du 68e R.I.

Pour illustrer musicalement l'esprit de sacrifice des Vainqueurs de Verdun :

" Verdun ! On ne passe pas "

Paroles de Jules Cazol & Eug. Joullot, musique de René Mercier, écrit en 1916 et créée par Bérard .