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Juillet 1918 : le Régiment de marche de la Légion étrangère (R.M.L.E.)

et les combats de Villers-Cotterêts.

Offensives allemandes du 27 mai au 18 juillet 1918 : le général Ludendorff concentre 42 divisions sous le commandement de von Boehn, chef de la VIIe armée, qui tient le front entre Pontoise-lès-Noyon et Berry-au-Bac. L'aile gauche de la VIIe armée est prolongée par 4 divisions de la Ire armée (von Below) qui occupent le secteur de Berry-au-Bac à Reims et prendront part à l'attaque.*

Le 27 mai, l’offensive allemande se déclenche près de l’Aisne, à partir du Chemin des Dames, où, l’année précédente, les Français avaient échoué dans une attaque meurtrière. La préparation d’artillerie commence par un tir d’obus à gaz, puis devient mixte, mais avec plus de cinquante pour cent d’obus toxiques. Après le 5 juin, 5 autres divisions seront encore engagées, soit au total 47 divisions, correspondant à près de 60 françaises.

L’offensive s’arrête dix jours plus tard en raison de l'épuisement des assaillants, mais ceux-ci ont avancé de 45 km, pris Château-Thierry et sont à 70 km de Paris. Ils devaient absolument tâcher de rectifier leurs lignes, en conquérant du terrain entre les deux saillants importants près d'Arras et de Reims, Au moment même où les divisions allemandes se massent vers le flanc est de la poche, l'équivalent de 21 divisions alliées se hâtent vers le flanc ouest à partir de la forêt de Villers-Cotterêts, et un autre plus petit le long de la Lys. Ils appliquèrent d'abord leur effort aux deux zones qui encadraient Compiègne, en attaquant par les deux flancs le 9 juin. Mais leur offensive était assez mal organisée et ils durent subir eux-mêmes des attaques au gaz moutarde, de sorte que les troupes françaises, bien secondées par la 2e division d’infanterie américaine à Bois-Belleau et à Vaux, purent résister.

Depuis le 5 juillet 1918, les légionnaires du R.M.L.E. se trouvent dans la partie Est de la forêt de Villers-Cotterêts ; ils s’estiment au repos dans ce secteur calme ; quelques semaines plus tôt, la bataille y était furieuse ; et maintenant le silence.

17 juillet 1918 : le silence règne vers l’avant ; à l’arrière de la Xe armée, la formidable consigne de silence, donnée par le général Mangin, est respectée. Un peu avant minuit, les routes, les chemins, les champs sont envahis par une foule immense, mais silencieuse. Des fleuves d‘hommes en marche, sans bruit, vers l’Est ; tous des régiments fantômes se fondent dans l’épaisseur de la forêt. Silence tel que les officiers commandant les chars Renault (34 chars pour la Xe armée, 157 pour la VIe) se demandent entre eux : Et nous ? nos moteurs ?

  • Le ciel est cette nuit-là pour le général Mangin. Un orage menace, gronde, éclate. Sous les averses, dans l’obscurité impénétrable, les troupes peinent vers leur rendez-vous en forêt. Mais le bruit du tonnerre couvre celui des moteurs.
  • Lorsqu’ils voient arriver près d’eux les chars, puis une division d’Américains, les légionnaires comprennent que le secteur va perdre son calme. Le colonel Rollet est là.

18 juillet 1918 : l’aube de la Victoire.

Cette date marque un tournant dans l’histoire de la Grande Guerre : la victoire va changer totalement de camp. A l’aube, les Alliés s’élancent et reprennent l’offensive.

Au moment même où les divisions allemandes se massent vers le flanc est de la poche, le général Foch, commandant en chef des forces alliées, lance une contre-offensive décisive sur les deux flancs du saillant allemand. 

Le général Mangin avec la Xe Armée lance son offensive entre l’Oise et l’Ourcq.

Le général Degoutte avec la VIe Armée, avec 9 divisions dont 3 américaines, lance son offensive entre l’Ourcq et la Marne.

Le général de Mitry avec la IXe Armée lance son offensive au sud de la Marne.

Le général Berthelot avec la Ve Armée, avec 16 divisions dont 2 italiennes et 3 américaines, lance son offensive à l’ouest de Reims.

  • L’équivalent de 21 divisions alliées se hâtent vers le flanc ouest à partir de la forêt de Villers-Cotterêts.
  • Pour la Légion, cette journée est particulièrement glorieuse à l’est de la forêt de Villers-Cotterêts, à Saint-Pierre-Aigle : elle va faire du R.M.L.E. un régiment de légende.
  • A 4 heures 45, les canons français tonnent.
  • Les hommes s’avancent marchant derrière les chars et entre les chars ; les vagues de chars s’intercalent avec les vagues humaines.
  • Dans la forêt de Villers-Cotterêts, de l’Aisne à la Marne, la ligne française s’ébranle, accompagnée de ces chars lents et malhabiles, mais contre quoi les mitrailleuses allemandes ne peuvent rien. Ils franchissent les tranchées et s’avancent en cahotant sur les nids de mitrailleuses, leur crachent du feu et les écrasent.

  • Appuyée par de petits chars Renault, la Légion progresse rapidement. Les légionnaires voient des Allemands sortir de leur tranchée en levant les bras, des mitrailleurs renverser leur engin et lever les bras aussi. Mais tous les Allemands ne se rendent pas en voyant arriver les chars ; des groupes se laissent dépasser et ensuite combattant farouchement. La Légion Etrangère progresse de neuf kilomètres ; mais elle doit ralentir pour laisser à l’artillerie le temps d’avancer.
  • La division marocaine, troupe d’élite, se révèle une des meilleures troupes de l’attaque.
  • Après trois jours de combats, la Légion perd 780 hommes mis hors de combat, parmi lesquels le commandant Marseille du 3e Bataillon, blessé, et le commandant Husson de Sampigny du 1er Bataillon, tué. Mais les légionnaires ont fait 450 prisonniers et capturé 20 canons.
  • Le R.M.L.E. reçoit sa 8e citation à l’ordre de l’armée.
  • Les Ve, VIe, IXe et Xe armées françaises, attaquant de l’Aisne à la Marne, forment une énorme machine tout entière en mouvement.
  • A la fin de la journée, 12 000 Allemands sont faits prisonniers et 250 canons pris.
  • En deux jours, les Allemands perdent 17 000 prisonniers et 300 canons.

Le 7 août 1918, le général Ferdinand Foch est élevé à la dignité de Maréchal de France.

 

Jean BALAZUC P.P.P.P.
 
(source : site internet de la FSALE)