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La SAMA reprend le texte publié le 6 décembre 2017 sur le site internet de l'Armée de terre et dédié à Jean-Philippe Smet alias Johnny Hallyday. Ce témoignage donne une image intéressante du jeune conscrit...de l'époque :

 

« Un service exemplaire »

En 1965, le jeune Jean-Philippe Smet alias Johnny Hallyday était désigné pour effectuer son service militaire. Pendant près de deux années il servira au 43e régiment blindé d’infanterie de marine à Offenburg (Allemagne). 52 ans plus tard, la rédaction a retrouvé un des ses anciens chefs de peloton, le commandant René. Souvenirs…

 
 
 
Parlez-nous de l’arrivée de Jean-Philippe Smet à Offenburg

Son affectation ne devait pas être connue du grand public. Johnny Hallyday était une star montante et le régiment craignait l’emballement médiatique autour de son arrivée. Seul le chef de corps était censé être au courant. Mais il y eut une fuite. Le premier matin, il y avait des centaines de fans devant l’entrée et sur les toits des immeubles alentour. Il n’a même pas pu passer par la porte principale. Il a fallu plusieurs jours pour que la ferveur retombe un peu. Et puis sa fiancée de l’époque s’était installée dans la ville. Quand il avait des permissions de sortie, il souhaitait juste être un peu tranquille avec elle.

A-t-il eu un traitement particulier pendant son service militaire ?

Absolument pas ! Il n’aurait pas voulu. Son déroulement à été un peu adapté, mais par décision du commandement. Le chef de corps a souhaité le faire changer d’escadrons pour avoir un aperçu des capacités des unités. Il a donc été affecté successivement dans les quatre escadrons du 43. C’est au sein de l’un d’eux que j’ai eu le jeune soldat Smet sous mes ordres. À l’époque j’étais sergent-chef et je commandais un peloton sur AMX 13.

En revanche un sous-officier a été désigné pour gérer toutes les demandes extérieures et quelques points particuliers de son emploi du temps. Cet adjudant était l’interface entre le chef de corps et lui. Nous avions tous un peu peur de l’arrivée de ce jeune chanteur en vogue, mais son comportement nous a tout de suite rassurés. Il s’est fondu dans la masse avec ses camarades sans jamais mettre son statut de star en avant. Il n’a jamais eu ni cherché de passe-droit. Après quelques mois, il a obtenu son galon de sergent après avoir suivi le peloton d’élèves sous-officiers (PESO) comme tous les autres appelés désignés avec lui. C’était même un de ceux qui avaient les meilleures notes. Il fallait le voir sur le parcours du combattant ! C’était un garçon très sportif.

Quels souvenirs gardez-vous de ces quelques mois passés avec lui ?

C’était un garçon formidable. D’une grande humilité et modeste en plus. Pour un jeune de vingt ans, il faisait preuve d’une vraie maturité. Il aurait certainement pu esquiver le service militaire, et pourtant il est venu et souhaitait être traité comme n’importe quel appelé. Sa tenue militaire était toujours tirée à quatre épingles, loin de l’image du chanteur de rock. De temps en temps il nous faisait des petits concerts dans le gymnase du régiment, juste pour nous faire plaisir. À l’époque il ne voulait pas que cela se sache, mais à plusieurs reprises il a aidé financièrement certains de ces camardes qui avaient des problèmes, notamment pour rentrer le week-end. J’ai l’ai su après son départ. Je crois qu’il a vraiment mis son « monde » de côté pendant ses 17 mois de services. Il était sérieux appliqué et volontaire, un appelé comme nous rêvions tous d’en avoir sous nos ordres.